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1. Qu’est-ce que l’orientation spatio-temporelle ?
L’orientation est la capacité à établir une relation cohérente entre soi, le temps,
le lieu et la situation. En clinique, on distingue souvent l’orientation
personnelle, temporelle et spatiale. L’orientation personnelle correspond à la
connaissance de son identité et de son histoire immédiate : son nom, son âge, son
adresse ou les personnes importantes. L’orientation temporelle concerne le jour, le
mois, l’année, la saison, le moment de la journée et la succession des événements.
L’orientation spatiale concerne le lieu où l’on se trouve, la direction, la
distance, la position du corps et la relation entre les lieux.
Ces dimensions sont liées mais ne sont pas interchangeables. Une personne peut
connaître son identité et le lieu où elle se trouve tout en se trompant sur la date.
Une autre peut savoir quel jour nous sommes mais se perdre dans un quartier nouveau.
Une désorientation spatiale peut être liée à une difficulté visuospatiale, à une
atteinte de la mémoire de navigation, à une baisse sensorielle ou à un problème
d’attention.
L’orientation ne consiste donc pas à réciter mécaniquement une date. Elle permet
d’agir. Elle participe à l’autonomie, à la sécurité, à la mobilité, aux activités
sociales et à la capacité de prendre des décisions adaptées au contexte.
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2. L’orientation temporelle : construire une continuité dans le temps
2.1 Le temps vécu n’est pas seulement l’heure sur une horloge
L’orientation temporelle comprend plusieurs niveaux. Le niveau le plus immédiat
concerne le moment de la journée : matin, midi, après-midi, soirée ou nuit. Le
niveau calendaire concerne le jour, la date, le mois, l’année et la saison. Le
niveau séquentiel concerne l’ordre des événements : ce qui s’est passé avant, ce qui
est en cours et ce qui doit arriver ensuite. Le niveau autobiographique situe les
événements dans une histoire personnelle : « quand mes enfants étaient petits », «
avant mon déménagement » ou « après ma retraite ».
Ces niveaux ne sont pas soutenus par les mêmes processus. Lire une date sur un
calendrier utilise un repère externe. Se rappeler ce que l’on a fait hier sollicite
la mémoire épisodique. Comprendre « après le déjeuner » exige de représenter une
séquence. Estimer la durée d’une attente implique une perception temporelle
influencée par l’attention, l’émotion et la nouveauté.
2.2 Pourquoi l’orientation temporelle peut devenir fragile
La date du jour n’est pas toujours mémorisée parce qu’elle change sans cesse et
qu’elle n’a pas toujours de valeur personnelle. Une personne peut connaître le mois
mais pas le quantième, ou le matin mais pas le jour de la semaine. La fatigue,
l’isolement, les changements de routine, une hospitalisation et l’absence de repères
visuels peuvent accroître la confusion.
L’orientation temporelle dépend aussi de la mémoire des événements récents. Si les
journées se ressemblent ou si un événement n’a pas été encodé avec suffisamment
d’attention, il devient difficile de reconstruire la chronologie. Les photographies,
les notes et les conversations peuvent alors servir d’indices, à condition de ne pas
imposer un interrogatoire répétitif.
2.3 Les tests de quatre items sur le temps
Tractenberg et al. ont étudié un test d’orientation temporelle dérivé de quatre
items du Mini-Mental State Examination : date, mois, année et jour de la semaine.
L’étude comprenait 352 personnes âgées sans démence et 98 personnes avec une maladie
d’Alzheimer très légère ou possible. Lorsque quatre bonnes réponses correspondaient
à une orientation temporelle intacte, la sensibilité à la présence d’Alzheimer
allait de 46,0 % à 69,2 % selon les visites annuelles ; la spécificité allait de
93,2 % à 81,3 %, et la valeur prédictive négative de 92,8 % à 95,4 %.
Ces chiffres illustrent la différence entre un dépistage et un diagnostic. Une bonne
orientation temporelle rend moins probable une atteinte importante dans le contexte
étudié, mais ne garantit pas l’absence de trouble. Une mauvaise réponse peut être
liée au niveau d’éducation, à l’attention, au contexte ou à une autre cause. Le test
ne doit pas être utilisé seul pour conclure sur la santé cognitive d’une personne.
2.4 Les repères temporels efficaces
Un repère temporel est utile lorsqu’il est visible, stable, lisible et relié à une
activité. Un grand calendrier placé à un endroit fréquenté peut être associé à un
rituel du matin. Une horloge indiquant clairement le moment de la journée peut
compléter le calendrier. Un tableau simple peut présenter la date, la météo, le
programme et l’activité en cours.
La meilleure pratique n’est pas nécessairement de demander plusieurs fois « quel
jour sommes-nous ? ». On peut inviter la personne à consulter le calendrier, à
relier la date à une activité et à écrire elle-même un événement à venir. Le but est
de favoriser l’utilisation d’un repère, pas de provoquer une situation d’échec.
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3. L’orientation spatiale : du point de vue du corps à la carte cognitive
3.1 Les repères égocentriques et allocentriques
La navigation humaine utilise au moins deux cadres de référence. Le cadre
égocentrique décrit l’environnement par rapport au corps : « tourner à gauche après
la porte », « avancer jusqu’à la fenêtre » ou « l’objet est à ma droite ». Le cadre
allocentrique décrit les relations entre les éléments de l’environnement
indépendamment du point de vue immédiat : « la cuisine est au nord du salon », « la
pharmacie se trouve derrière la place » ou « la rue forme un angle avec l’avenue ».
Le cadre égocentrique est souvent utile lorsque le trajet est connu et suit une
série d’actions. Le cadre allocentrique soutient la création d’une carte cognitive
et permet de changer de chemin ou de retrouver une destination depuis un autre point
de départ. Les deux cadres interagissent avec la perception, la mémoire et la
planification.
3.2 La carte cognitive
L’expression « carte cognitive » désigne une représentation mentale des relations
spatiales. Elle ne doit pas être comprise comme une photographie exacte du lieu.
Elle est construite à partir de repères, de distances approximatives, de directions,
de frontières, d’itinéraires et de connaissances antérieures. Elle aide à anticiper
ce qui se trouve derrière une intersection et à choisir un chemin.
L’hippocampe, le cortex entorhinal et des réseaux pariétaux et frontaux participent
à la navigation et à la mémoire spatiale. Les travaux sur les cellules de lieu, les
cellules de grille et les représentations de direction ont nourri l’idée que le
cerveau possède un système de repérage distribué. Chez l’être humain, la navigation
dépend aussi de la vision, de l’audition, de l’équilibre, de la marche, de la
mémoire de travail et des fonctions exécutives.
3.3 Vieillissement et navigation
Une revue de la navigation spatiale chez les adultes âgés indique que les
difficultés sont plus marquées dans les environnements nouveaux que dans les
environnements familiers. Elle rapporte que certaines habiletés liées au cadre
allocentrique déclinent davantage avec l’âge, alors que des stratégies égocentriques
peuvent rester plus stables dans certaines tâches.
Cette différence explique pourquoi une personne peut connaître parfaitement le
chemin de son domicile vers la boulangerie mais rencontrer des difficultés dans une
nouvelle gare. Le trajet familier est soutenu par des routines, des repères
corporels et des associations répétées. Le lieu nouveau exige d’intégrer plusieurs
indices, de retenir la carte et de modifier son plan lorsqu’un obstacle apparaît.
3.4 Les effets fonctionnels de la désorientation spatiale
Se perdre n’est pas seulement une difficulté abstraite de laboratoire. Une
limitation de navigation peut réduire les sorties, diminuer la participation
sociale, accroître l’anxiété et conduire à restreindre l’espace de vie. La mobilité
quotidienne dépend de la cognition, mais aussi de la marche, de la confiance, de la
sécurité du quartier, des transports, de la vision et des ressources disponibles.
Il faut éviter de conclure trop vite qu’une personne qui sort moins a nécessairement
une atteinte de l’orientation. La peur de tomber, le manque de transports, une
douleur, une baisse de vision ou un environnement peu accessible peuvent produire le
même résultat. L’évaluation doit donc être globale.
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4. Les bases cérébrales et cognitives de l’orientation
4.1 Hippocampe et mémoire des lieux
L’hippocampe est impliqué dans la mémoire épisodique et la représentation des
relations spatiales. Il contribue à relier un événement à un lieu et à un contexte.
Une atteinte hippocampique peut produire des difficultés à apprendre de nouveaux
itinéraires ou à se souvenir de la relation entre plusieurs repères.
Le vieillissement normal s’accompagne de modifications structurelles et
fonctionnelles variables. La baisse de performance n’est pas expliquée par une seule
région. Elle peut refléter l’interaction entre hippocampe, cortex préfrontal,
réseaux attentionnels, vitesse de traitement, système sensoriel et état général.
4.2 Cortex entorhinal et repérage
Le cortex entorhinal sert d’interface entre l’hippocampe et les régions corticales.
Il participe à la représentation des relations spatiales et temporelles. Les
recherches sur les cellules de grille ont proposé un mécanisme de repérage interne,
mais la navigation quotidienne reste plus riche qu’un système GPS cérébral simple :
elle inclut le sens, les habitudes, la mémoire, les émotions, les buts et
l’environnement.
4.3 Réseaux pariétaux
Les régions pariétales contribuent à l’attention spatiale, à la représentation des
relations entre les objets et à la transformation des points de vue. Une difficulté
à distinguer gauche et droite, à manipuler une carte ou à comprendre l’organisation
d’une pièce peut impliquer plusieurs processus visuospatiaux.
4.4 Réseaux frontaux et fonctions exécutives
Les fonctions exécutives interviennent lorsqu’il faut choisir un itinéraire, inhiber
une habitude, changer de stratégie, surveiller une erreur ou planifier plusieurs
étapes. Une personne peut connaître un lieu mais ne pas réussir à adapter son chemin
si l’ascenseur est en panne ou si une rue est barrée.
4.5 Perception, équilibre et mouvement
L’orientation spatiale n’est pas séparée du corps. La vision fournit les repères ;
l’audition localise des sons ; le système vestibulaire informe sur les mouvements de
la tête ; la proprioception renseigne sur la position des membres. Une baisse de
vision, une perte auditive, un trouble de l’équilibre ou une faiblesse motrice peut
perturber la navigation sans que la mémoire spatiale soit la cause principale.
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5. Vieillissement normal et désorientation pathologique
5.1 Une erreur ponctuelle n’est pas une désorientation
Se tromper occasionnellement de date ou chercher le nom d’une rue n’est pas
automatiquement pathologique. L’attention peut être occupée, la journée inhabituelle
ou l’information mal perçue. Le vieillissement normal s’accompagne de variations,
mais l’autonomie et la capacité à utiliser des stratégies restent généralement
préservées.
Une difficulté devient plus préoccupante lorsqu’elle est progressive, répétée,
disproportionnée, accompagnée d’autres changements ou responsable d’incidents
concrets : se perdre sur un trajet familier, ne plus reconnaître un lieu connu, ne
pas comprendre pourquoi l’on est dans un établissement de soins ou ne plus pouvoir
utiliser les aides habituelles.
5.2 Trouble cognitif léger et maladie neurocognitive
Le trouble cognitif léger correspond à une diminution objectivable d’une ou
plusieurs fonctions, avec une autonomie relativement conservée. L’orientation peut
être intacte au début, ou se fragiliser dans les situations complexes. L’évolution
varie selon les personnes et les causes.
Dans les maladies neurocognitives, l’orientation spatiale et temporelle peut être
touchée avec une intensité variable. Une maladie d’Alzheimer peut perturber
l’apprentissage de nouveaux lieux et la mémoire des événements récents. Une atteinte
vasculaire peut associer lenteur, difficultés exécutives et problèmes de
déplacement. Une démence à corps de Lewy peut comporter des fluctuations
attentionnelles et visuospatiales. Aucun profil isolé ne permet de poser un
diagnostic.
5.3 Le delirium : une urgence différente
Le delirium est un syndrome aigu, souvent fluctuant, caractérisé par une altération
de l’attention et de la conscience accompagnée de troubles cognitifs. Il peut
apparaître en heures ou en jours, notamment lors d’une infection, d’une
déshydratation, d’une douleur, d’une chute, d’une hospitalisation, d’une
modification médicamenteuse ou d’un trouble métabolique.
Pérez-Ros et Martínez-Arnau rappellent que le delirium peut inclure des troubles de
mémoire, de pensée, de perception et d’orientation, et que la désorientation se
manifeste souvent d’abord dans le temps puis dans l’espace. Ils indiquent également
que seuls 16 à 35 % des cas peuvent être identifiés dans certains contextes
d’urgence, ce qui montre l’importance du dépistage.
Une désorientation nouvelle et fluctuante ne doit donc pas être traitée par un
simple exercice de calendrier. Elle doit faire rechercher une cause médicale.
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6. Les chiffres de la recherche sur l’orientation
Ces chiffres ne doivent pas être transformés en règles simplistes. Une amélioration
à une mesure d’orientation ne signifie pas nécessairement que la personne retrouvera
seule son chemin dans tous les environnements. Inversement, un score faible dans un
contexte de fatigue, de douleur ou de surdité ne suffit pas à établir une maladie.
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7. La stimulation de l’orientation : ce que l’on peut raisonnablement attendre
7.1 Réorientation structurée
La réorientation structurée consiste à présenter régulièrement des informations sur
le jour, le lieu, la personne et les événements, en les reliant à une activité
significative. Dans sa forme classique, la « reality orientation » a été utilisée
auprès de personnes présentant une confusion ou une démence. La revue historique de
Spector et al. rapportait un bénéfice cognitif et comportemental, mais soulignait
l’incertitude sur le maintien après l’arrêt et la nécessité possible d’une
continuité.
Une réorientation mécanique peut cependant être mal vécue. Demander sans cesse une
date à une personne qui ne peut pas la retenir peut augmenter le sentiment d’échec.
L’approche doit être souple : donner l’information, utiliser les supports, valoriser
la conversation et revenir au présent plutôt que corriger brutalement.
7.2 Entraînement de navigation spatiale
Les entraînements de navigation peuvent utiliser des cartes, des maquettes, des
itinéraires réels, des environnements virtuels, des repères et des tâches de
mémorisation de landmarks. La revue de Fricke et al. montre que les protocoles sont
très variés : 100 minutes à 50 heures, sur une à seize semaines.
Six études sur dix trouvaient une amélioration d’au moins une capacité spatiale. Les
résultats restaient toutefois difficiles à comparer, car les tests ne mesuraient pas
tous la même chose. L’absence de preuve de transfert quotidien est un point central.
Un senior peut progresser dans un environnement virtuel sans que cela implique une
amélioration de ses déplacements dans un quartier complexe.
7.3 Repères externes et compensation
Les aides externes sont parfois plus immédiatement utiles qu’un entraînement
abstrait. Une signalétique claire, des couleurs distinctes, des objets repères, des
photos sur les portes, un plan simple, une montre lisible, un calendrier et un
trajet écrit diminuent la charge de mémoire. Ces aides ne prouvent pas que la
capacité interne s’est améliorée ; elles augmentent l’autonomie fonctionnelle en
adaptant l’environnement.
7.4 Orientation et engagement social
Parler des événements du jour, regarder une photographie, préparer une sortie,
raconter un itinéraire et situer une activité dans la journée mobilisent
l’orientation sans la réduire à un quiz. L’engagement social ajoute une motivation
et fournit des indices. La personne peut expliquer comment elle faisait autrefois
pour retrouver un chemin, comparer deux quartiers ou raconter l’histoire d’un lieu.
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8. Stratégies pratiques et activités de stimulation
8.1 Le calendrier actif
Un calendrier actif ne se contente pas d’afficher la date. Il permet d’ajouter un
événement, de barrer une journée écoulée, d’indiquer la saison, la météo et
l’activité principale. On peut demander : « Que se passe-t-il aujourd’hui ? », puis
inviter la personne à consulter le support avant de répondre. L’objectif est
d’apprendre une routine d’utilisation.
8.2 La ligne du temps autobiographique
Une ligne du temps peut représenter les grandes étapes de la vie : enfance, études,
premier emploi, mariage, naissance des enfants, déménagements, voyages et retraite.
Elle soutient la mémoire autobiographique et la compréhension de la chronologie.
Elle doit rester personnelle et ouverte ; l’objectif n’est pas de tester une date
exacte mais de relier des événements.
8.3 Les séquences quotidiennes
Décrire les étapes d’une activité — préparer un café, prendre un transport,
organiser un repas — entraîne le séquençage temporel et l’orientation
situationnelle. Les étapes peuvent être illustrées par des photographies. Pour une
personne présentant des difficultés, on peut commencer avec trois étapes puis
augmenter progressivement.
8.4 La carte simplifiée
Une carte adaptée ne doit pas être trop dense. Elle peut présenter le domicile, la
rue, un commerce connu, un arrêt de transport et un lieu social. Les repères doivent
être nommés de manière cohérente. Une carte peut être utilisée pour demander « où
sommes-nous ? », « qu’y a-t-il derrière la place ? » ou « quel chemin
connaissez-vous ? ».
8.5 Les itinéraires avec repères
Un itinéraire est plus mémorisable lorsqu’il associe actions et repères : « sortir
par la porte bleue, avancer jusqu’au grand arbre, tourner à droite après la
pharmacie ». Les instructions doivent être courtes, séquentielles et vérifiées. Une
description à vol d’oiseau peut compléter la description corporelle.
8.6 Le repérage dans une pièce
Dans une pièce, on peut identifier les portes, fenêtres, meubles et objets
remarquables. On peut demander à la personne de faire le tour, de décrire les
relations et de retrouver un objet. Cette activité doit être sécurisée et adaptée à
la vision et à la mobilité.
8.7 Les photographies de lieux
Les photographies peuvent relier le présent à un lieu connu. Elles peuvent
représenter une maison, un jardin, une rue, une gare ou un paysage. Il est utile de
demander ce que la personne reconnaît, ce qui a changé et quel souvenir est associé
au lieu. La photo sert d’indice, pas de preuve d’exactitude absolue.
8.8 Les activités de groupe
Un groupe peut travailler sur la météo, les saisons, les transports, l’actualité
locale, une carte ou la préparation d’un événement. Les réponses peuvent être
discutées, corrigées avec tact et reliées à l’expérience des participants. Le groupe
doit éviter la compétition humiliante et laisser plusieurs voies d’accès à
l’information.
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9. Concevoir un support d’orientation pour un senior
La stimulation efficace n’est pas celle qui produit le plus d’erreurs corrigées.
C’est celle qui permet de construire une stratégie utilisable. Si une personne
apprend à consulter son calendrier chaque matin, à regarder une photo sur la porte
ou à suivre trois repères pour retrouver une salle, l’amélioration fonctionnelle
peut être réelle même si les scores à un test général ne changent pas.
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10. RECOGNITION : un magazine pour entretenir les repères et la curiosité
RECOGNITION peut être présenté comme un magazine de stimulation cognitive destiné
aux adultes et aux séniors qui souhaitent pratiquer régulièrement des activités
d’orientation, de mémoire et de compréhension du quotidien. Dans une approche
consacrée à l’orientation spatio-temporelle, ses pages peuvent proposer des
calendriers, des séquences d’événements, des cartes simplifiées, des itinéraires,
des photographies de lieux, des repères saisonniers et des situations de vie.
Le magazine peut être utilisé seul, avec un proche, dans un atelier ou avec un
professionnel. Une page peut inviter le lecteur à situer une scène dans la journée,
à remettre des événements dans l’ordre, à reconnaître un lieu, à suivre un
itinéraire ou à relier un repère à une action. La variété est importante : elle
permet de travailler la compréhension et la stratégie plutôt que la répétition d’un
seul format.
La promotion de RECOGNITION doit rester conforme aux preuves. Le magazine ne doit
pas être présenté comme un test qui mesure la valeur d’une personne. Il ne doit pas
être décrit comme un traitement du delirium, une thérapie de la maladie d’Alzheimer
ou une garantie de prévention de la désorientation. Il peut être un support de
pratique, de conversation, de réminiscence et d’utilisation d’aides externes.
RECOGNITION — Des repères pour le temps présent, des chemins pour la mémoire, des
activités à partager.
L’intérêt d’un support papier tient aussi à sa simplicité. Il peut être consulté
sans connexion, annoté, conservé et repris dans une routine. Il peut donner une
forme concrète à des principes scientifiques : faire attention, relier une
information au contexte, utiliser un indice, organiser une séquence, se représenter
un lieu et vérifier un repère.
RECOGNITION peut ainsi s’adresser aux séniors, aux proches aidants, aux animateurs,
aux orthophonistes, aux ergothérapeutes, aux psychologues et aux structures
d’accompagnement, à condition que son usage soit adapté au niveau de fatigue, aux
capacités sensorielles, au contexte clinique et aux préférences de la personne.
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Conclusion — S’orienter, c’est relier le temps, les lieux et l’action
L’orientation spatio-temporelle est une fonction complexe qui associe perception,
attention, mémoire, représentation spatiale, langage et planification. Elle permet
de savoir où l’on est, quand l’on est, ce qui vient de se produire et ce que l’on
doit faire ensuite. Elle soutient la mobilité, la sécurité, la participation sociale
et l’autonomie.
Le vieillissement normal peut rendre les environnements nouveaux plus coûteux,
ralentir la construction d’une carte cognitive et diminuer la précision de certains
repères temporels. Les connaissances antérieures, les routines, les repères externes
et les stratégies peuvent cependant soutenir le fonctionnement. Les résultats de la
recherche sur l’entraînement spatial sont encourageants pour certaines mesures, mais
le transfert vers la vie quotidienne reste insuffisamment démontré.
Il faut surtout distinguer une erreur occasionnelle d’une désorientation progressive
ou aiguë. Une désorientation apparue brutalement, fluctuante et accompagnée d’une
altération de l’attention peut relever d’un delirium et nécessite une évaluation
médicale rapide. Les tests d’orientation sont utiles mais ne constituent pas un
diagnostic isolé.
La stimulation peut prendre des formes nombreuses : calendrier actif, ligne du
temps, carte simplifiée, séquences quotidiennes, photographies de lieux, repères
dans une pièce, itinéraires et conversations. L’objectif n’est pas de forcer une
réponse exacte à tout prix, mais d’aider la personne à utiliser des stratégies et
des supports.
RECOGNITION peut occuper une place utile dans cette démarche comme magazine de
stimulation et de partage. En proposant des activités lisibles, progressives et
signifiantes, il peut contribuer à entretenir les repères, la curiosité et la
conversation. Sa promesse la plus juste est aussi la plus solide : accompagner la
pratique, sans remplacer le diagnostic ni les soins.
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Références scientifiques et institutionnelles
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Successful wayfinding in age: A scoping review on spatial navigation training in healthy older adults, Frontiers in Psychology
Tractenberg, R. E. et al. (2007 ) —
A simple method to rule out dementia with temporal orientation, Alzheimer’s & Dementia
Pérez-Ros, P. & Martínez-Arnau, F. M. (2019 ) —
Delirium Assessment in Older People in Emergency Departments: A Literature Review, Diseases
Spector, A. et al. (2000 ) —
Reality orientation for dementia, Cochrane Database of Systematic Reviews
Tragantzopoulou, P. et al. (2024 ) —
Spatial Orientation Assessment in the Elderly: A Comprehensive Review, Brain Sciences
Spatial navigation and memory (2023 ) —
Review of the similarities and differences between spatial navigation and memory
Moffat, S. D. et al. (2013 ) —
Spatial navigational strategies correlate with gray matter in the hippocampus of healthy older adults, Frontiers in Aging Neuroscience
Gómez-Soria, I. et al. (2021 ) —
Short-term memory, attention, and temporal orientation as predictors of cognitive impairment in older adults, PLOS ONE
Camargo, C. H. F. et al. (2018 ) —
The Effectiveness of Reality Orientation Therapy in the Treatment of Parkinson Disease Dementia, American Journal of Alzheimer’s Disease & Other Dementias
Livingston, G. et al. (2024 ) —
Dementia prevention, intervention, and care: 2024 report of the Lancet standing Commission, The Lancet