FAQ

Quels exercices permettent de travailler l'attention et la concentration ?

élaboré par une orthophoniste spécialisée en neurologie adulte

L’attention n’est pas une capacité unique : elle comprend notamment des mécanismes d’alerte et de vigilance, d’orientation et de sélection des informations, ainsi que des processus de contrôle attentionnel. Les exercices de stimulation cognitive peuvent solliciter ces différentes composantes à travers des tâches de repérage, de sélection, de maintien de l’attention, de traitement d’informations ou encore de partage et d’alternance attentionnelle.

Questions fréquentes

Des questions sur les types d'exercice pour améliorer l'attention et la concentration ?

Comment s'entraîner à mieux repérer une information ?▾
Les exercices de repérage, parfois appelés tâches de recherche ou de barrage, consistent à rechercher une information cible parmi un ensemble de stimuli. Ils peuvent solliciter l’attention sélective, c’est-à-dire la capacité à orienter les ressources attentionnelles vers les informations pertinentes tout en limitant la prise en compte des éléments distracteurs. L’Inserm distingue notamment l’attention sélective de l’attention soutenue et de l’attention partagée : ces composantes peuvent être sollicitées par des tâches différentes.

Par exemple, on peut demander de retrouver toutes les lettres « A » dans une série de caractères, de repérer un symbole particulier parmi des formes proches ou de rechercher certains mots dans une liste. La difficulté peut ensuite être augmentée en ajoutant des distracteurs, en rapprochant visuellement les éléments ou en imposant une règle de recherche plus précise.

Dans la vie quotidienne, cette capacité intervient notamment lorsque l’on cherche un nom dans une liste, une information dans un document ou un objet parmi plusieurs éléments. Une difficulté persistante dans ces situations ne doit toutefois pas être interprétée comme un simple manque d’entraînement : un bilan professionnel peut être nécessaire pour rechercher l’origine des difficultés.
Comment s'entraîner à maintenir plus longtemps sa vigilance ?▾
La vigilance et l’attention soutenue correspondent à la capacité de maintenir un niveau d’attention suffisamment stable au cours d’une activité qui se prolonge dans le temps. Les modèles attentionnels décrits par l’Inserm distinguent notamment la dimension d’alerte, qui participe à la préparation et au maintien d’un état permettant de répondre aux informations pertinentes, et l’attention soutenue, mobilisée lorsque l’activité nécessite une surveillance prolongée.

Un exercice peut par exemple demander de surveiller une série de symboles et de signaler uniquement l’apparition d’une cible déterminée. On peut également présenter une succession de lettres, de chiffres ou d’images pendant plusieurs minutes et demander de détecter une combinaison particulière. L’objectif de la tâche est alors de rester engagé dans la consigne malgré la répétition et l’absence fréquente de réponse à produire.

La durée, la fréquence des cibles et la quantité de distracteurs peuvent être adaptées progressivement. Une activité de ce type ne consiste donc pas simplement à « regarder plus longtemps » : elle demande de maintenir une consigne, de surveiller les informations pertinentes et de répondre de manière régulière.

La fatigue, le sommeil, le stress ou certaines conditions médicales peuvent également influencer l’attention et la vigilance. L’exercice cognitif ne remplace donc pas la recherche de ces facteurs lorsqu'une difficulté est inhabituelle, importante ou persistante.
Comment s'entraîner à mieux trier et sélectionner des informations ?▾
Les exercices de tri consistent à sélectionner ou classer des informations selon une règle déterminée. Ils peuvent mobiliser simultanément plusieurs processus cognitifs : comprendre la consigne, maintenir cette règle en mémoire de travail, sélectionner les informations pertinentes, inhiber certaines réponses et vérifier que la réponse correspond bien au critère demandé.

Par exemple, un exercice peut demander de classer des mots selon leur catégorie, de séparer des nombres pairs et impairs, de sélectionner uniquement les images correspondant à une consigne ou de retrouver les éléments appartenant à une famille donnée. Une variante plus complexe consiste à modifier la règle en cours d’exercice : la personne doit alors abandonner la règle précédente et appliquer la nouvelle.

Ces tâches permettent ainsi de travailler l’attention sélective tout en sollicitant les fonctions exécutives. Les travaux de l’Inserm soulignent d’ailleurs les relations étroites entre attention, contrôle cognitif, mémoire de travail et fonctions exécutives.

Dans une situation quotidienne, des mécanismes comparables sont mobilisés lorsqu’il faut sélectionner les informations importantes dans un document, organiser plusieurs éléments selon une priorité ou filtrer des informations inutiles.
Comment s'entraîner à améliorer sa vitesse de traitement ?▾
La vitesse de traitement correspond à la rapidité avec laquelle une personne peut percevoir, identifier et traiter une information dans une tâche donnée. Elle ne doit pas être confondue avec la rapidité générale d’une personne : les performances dépendent notamment de la complexité de la tâche, de la familiarité avec les informations, de l’attention mobilisée et de la précision demandée.

Les exercices peuvent consister à identifier rapidement un symbole, associer deux informations, retrouver une cible dans une série ou répondre à une règle simple dans un temps donné. Par exemple, il peut être demandé de repérer le plus rapidement possible un symbole identique à une cible parmi plusieurs formes, puis de recommencer avec une série différente.

Une progression pertinente consiste à rechercher un équilibre entre rapidité et exactitude. Accélérer au prix d’un grand nombre d’erreurs ne constitue pas nécessairement une amélioration de la performance cognitive. On peut donc faire varier progressivement le temps disponible tout en conservant un objectif de précision.

La vitesse de traitement entretient également des relations avec d’autres fonctions cognitives. Les travaux de l’Inserm décrivent notamment les interactions entre attention exécutive, mémoire de travail et vitesse de traitement de l’information.
Comment travailler l'attention tout en sollicitant la mémoire ?▾
L’attention et la mémoire ne fonctionnent pas indépendamment. Pour mémoriser une information, il faut notamment pouvoir lui accorder suffisamment de ressources attentionnelles lors de son encodage. Une tâche peut donc solliciter simultanément l’attention et la mémoire, par exemple lorsqu’une personne doit retenir une série d’éléments puis identifier ceux qui étaient présents quelques instants auparavant.

On peut proposer une liste de mots, de chiffres, de formes ou d’images à observer pendant un temps donné, puis demander de retrouver les éléments précédemment présentés. Une autre possibilité consiste à faire évoluer progressivement la quantité d’informations ou à introduire des distracteurs afin de demander à la personne de sélectionner les informations pertinentes avant de les mémoriser.

Ce type d’exercice est intéressant parce qu’il rapproche la tâche de situations quotidiennes : écouter une consigne, retenir plusieurs informations pendant une conversation, suivre une liste de courses ou garder en tête une information pendant la réalisation d’une autre action.

Il est toutefois important de distinguer un exercice de stimulation cognitive d’une évaluation clinique. Des oublis fréquents ou une difficulté nouvelle à suivre une conversation ou une consigne peuvent avoir des causes multiples et méritent, lorsqu’ils deviennent gênants dans la vie quotidienne, d’être évoqués avec un professionnel de santé.
Comment travailler l'attention partagée ou l'alternance entre deux tâches ?▾
L’attention peut être mobilisée de différentes manières. L’Inserm distingue notamment l’attention partagée, qui consiste à traiter simultanément plusieurs sources d’informations, et l’attention alternée, qui consiste à déplacer volontairement son attention d’une tâche ou d’une source d’information vers une autre.

Un exercice peut par exemple demander de surveiller deux types de symboles en même temps, de réaliser une opération simple tout en détectant une cible visuelle ou d’alterner entre deux règles successives. Dans une tâche d’alternance, la difficulté peut être augmentée en demandant de passer régulièrement d’une consigne à une autre.

Dans la vie quotidienne, des situations comparables apparaissent lorsqu’il faut écouter une personne tout en consulter une information visuelle, suivre plusieurs étapes d’une recette ou alterner entre plusieurs tâches successives. Ces situations sollicitent également les fonctions exécutives et la mémoire de travail.

Il faut néanmoins éviter de conclure qu’un exercice reproduisant une situation donnée améliore automatiquement toutes les situations de la vie quotidienne. L’intérêt d’une stimulation cognitive est notamment de varier les tâches et les modalités de traitement des informations.
Pourquoi les exercices d'attention utilisent-ils des distracteurs ?▾
Les distracteurs sont des informations présentes dans l’environnement mais qui ne sont pas pertinentes pour la tâche. Les introduire dans un exercice permet de demander à la personne de sélectionner une cible tout en limitant l’influence des informations concurrentes. Cela correspond notamment à la dimension sélective de l’attention décrite dans les modèles neuropsychologiques.

Par exemple, si la consigne est de retrouver toutes les lettres « A », la tâche est relativement simple lorsque les autres caractères sont très différents. Elle devient plus exigeante si les distracteurs ressemblent davantage à la cible, si leur nombre augmente ou si plusieurs caractéristiques doivent être prises en compte.

Les exercices peuvent donc être gradués : peu de distracteurs au début, puis davantage d’éléments concurrents, des stimuli plus proches visuellement ou une consigne nécessitant plusieurs critères. Cette progression permet de moduler la difficulté sans changer complètement la nature de la tâche.

Les recherches sur l’attention montrent cependant que celle-ci n’est pas un mécanisme isolé. Elle interagit avec d’autres processus cognitifs, notamment le contrôle exécutif et la mémoire de travail.
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